Qu'est-ce un Méchant Réac ?

"Liberté, Autorité, Mérite, Progrès, Solidarité"

Emblèmes de la liberté de pensée, les "réacs" remportent un large succès auprès du public qui, ne partageant pas forcément leurs idées, en a marre qu'on lui dise ce qu'il faut penser et ce qu'il a le droit d'écouter. Dans la pensée marxiste, le réactionnaire est celui qui s'oppose à la marche inexorable de l'histoire vers l'avant. Voué aux poubelle de l'histoire, le "réac" était, dans les pays communistes, condamné au camp de la mort.

En 2002, Daniel Lindenberg rédige un essai associant à la fois queques auteurs alors à la mode (Michel Houellebecq, Philippe Murray, Maurice Dantec) et certains de ses collègues du Centre Raymond Aron à l'EHESS (Pierre Manent, Marcel Gauchet): les néo-réacs étaient nés et s'inscrivaient das la lignée progressiste. Dans la même veine, les critiques de l'ultra-gauche ont associé à cette liste des personnalités telles que Christophe Guilly, Laurent Bouvet, Alain Finkielkraut, ou Michèle Tribalat qui défendent le modèle républicain, critiquent le multiculturalisme politique et idéologique et les dérives humanitaires. A n'en pas douter, une de leur plus brillante "progéniture" est Céline Pina.

Ainsi, pour la "tribu néo-réactionnaire", le débat et la réflexion libres sont les maîtres-mots mais tout en "déconn[ant] plus haut que l'époque" (Philippe Muray). Cette tribu se caratérise par son hétéroclisme, la diversité des positionnements politiques, la diversité des trajectoires suivies, des genres pratiqués. Apparaîssent alors les « Méchant Réac ® », terme créé en 2015 par Laurent Sailly.

Les « Méchant Réac ® » ont en commun l’amour des œuvres du passé et de défiance plus ou moins sarcastique à l’égard des valeurs progressistes (ce qui n’en fait pas moins des « jouisseurs » du bienfaits de la modernité). Les « Méchants Réacs ® » du XXIème siècle ont été les premiers (et parfois encore les seuls) à comprendre ce qu’ils voyaient : la menace multiculturaliste et la sécession islamiste, la catastrophe scolaire menacée par le pédagogisme, les attaques contre la laïcité, l’éloignement des « élites » politiques, la désintégration des corps intermédiaires…

Les « Méchants Réacs ® » font partis de cette arc politique qui résiste à l’idéologie pour ne considérer que les réalités (par exemple, la théorie du genre, dont la démonstration de sa fausseté a été établie). Il existe un certain nombre de fondamentaux sociaux, acquis de l’histoire, de la sociologie, de l’anthropologie : l’Etat, la famille, l’intérêt général, la nécessité d’un certain ordre économique, etc. Ils constatent que, si le progrès scientifique ou techniques sont irrécusables, en matière de pédagogie, de politique, et même d’économie, il n’y a pas de véritable progrès.

Ils luttent contre le politiquement correct et la doxa progressiste : les lobbies associatifs et communautaires, les islamo-gauchistes, les féministes exacerbées, les prétendus antiracistes, les égalitaristes dogmatiques… Les « Méchants Réacs ® » veulent le retour de l’art de la conversation publique et du débat démocratique, issue de la tradition littéraire et intellectuelle française. Ainsi, le « Méchant Réac ® » n’use jamais de l’insulte, ne méprise aucune idée (au contraire, il est même volontiers « voltairien »), et s’exprime à visage découvert. Le « Méchant Réac ® » sort grandi ainsi de son combat avec ses opposants qui, pour se donner une contenance à défaut d’une consistance, le « diabolise » en le stigmatisant : néofasciste, crypto-vichyste, lepéniste… On intimide, on terrorise, on menace… Il y a près de 60 ans Albert Camus regrettait que le XXème siècle soit celui « de la polémique et de l’insulte » où « l’adversaire [est un] ennemi (…) Celui que j’insulte, je ne connais plus la couleur de son regard. Grâce à la polémique, nous ne vivions plus dans un monde d’hommes, mais dans un monde de silhouettes ». Ce monde n’est-il pas encore le nôtre ?

Les « Méchants Réacs ® » restent la cible des sartristes. N’oublions pas que Raymond Aron, dans les années 1950, était traité de « fasciste » par ses ennemis installés dans le bon camp d’alors, celui du prolétariat (les staliniens français). Albert Camus a lutté toute sa vie contre les journaux qui se déchaînaient contre ses livres, coupables de dire la vérité en un temps où l’on préférait le mensonge avec Jean-Paul Sartre. Ainsi, les « Méchants Réacs ® » ont en commun la lutte contre la bêtise qui, pour beaucoup « tient lieu de l’honnêteté » (André Suarès).

Les Méchants Réacs sont conservateurs: Ordre & Liberté, Paix & Honneur

Le conservatisme est à la fois une idéologie (Robert Nisbet) tout autant qu’un style de pensée (Karl Mannheim), précise Jean-Philippe Vincent1.  Mais en France, le conservatisme jouit « d’une réputation exécrable »1 alors que le terme (« conservatisme ») est né en France (avec Chateaubriand et son journal Le Conservateur créé en 1818) et que, depuis le XVIIIème siècle, la majorité des penseurs conservateurs sont français…

Le conservatisme n’est pas une « orthodoxie rigide construite à partir d’un postulat unificateur »2. Les conservateurs ont des sensibilités diverses, voire des divergences, mais ils constituent « une nébuleuse présentant malgré tout une certaine cohérence quant à ses valeurs, à ses projets et à ses combats. »2

« Croyant ou non, le conservateur accorde respect et intérêt aux religions et aux spiritualité. (…) Pour autant, il ne peut évidemment que réprouver des systèmes religieux dont la seule finalité paraît être de dénier toute valeur à l’homme et au monde : des systèmes qui ne constituent au fond qu’une forme paradoxalement moderne du nihilisme. (…) Pour un conservateur, l’idée même de la tabula rasa (…) est forcément déplorable, et condamnable. L’homme se construit dans l’histoire (…) »2

Aussi, le conservateur se méfie-t-il de l’européisme et de la mondialisation. « Précision importante : en soi, le conservateur n’est évidemment pas ‘’opposé’’ à l’Europe, ni même à une certaine évolution confédérale de celle-ci. »2 Le conservatisme défend les appartenances et les souverainetés anciennes contre l’abolition des réalités politiques et des vieilles patries.

« Tandis que certains courants nihilistes considèrent l’homme comme une machine susceptible d’être modifiée sans limite par l’ingénierie biologique, d’autres y voient un animal au même titre que le moucheron ou l’éléphant. »2 Le conservateur se montre particulièrement vigilant au développement de l’intelligence artificiel ou du transhumanisme qui seront certainement la base « des grands systèmes totalitaires de l’avenir. »2 De même, il se montre attentif et prudent à toutes les théories « se réclamant du sacro-saint principe d’égalité »2 ; l’égalitarisme forcené conduisant au totalitarisme comme nous l’a appris Raymond Aron. Enfin, pour le conservateur, l’homme n’est pas un animal comme un autre et lutte contre les ridicules théories antispécistes.

« De façon générale et dans son essence, l’utopie est foncièrement anticonservatrice. »2 Le conservateur est résigné à l’imperfection humaine « qu’il intègre, dans sa vision du monde, comme un paramètre irrémédiable et indépassable. »2 L’utopie a été au XXème siècle « la grande pourvoyeuse des massacres et des génocides »2 (nazisme, communisme, maoïsme, islamisme etc…). Cette utopie (« rêve impossible mais généreux ») conserve un « vrai prestige dans certains milieux de la gauche et ultra-gauche intellectuelles. »2

Le conservatisme n’est pas un traditionalisme

 « Le traditionalisme est une nostalgie, plus ou moins structurée, du passé. Le conservatisme n’est en aucune façon une nostalgie, car il est totalement ancré dans le présent et une de ses idées fortes est de perpétuer le meilleur de la tradition par les réformes qui peuvent s’imposer. »1 « Pour les conservateur, la tradition est vivante »1, alors que les traditionnalistes figent la tradition à un moment donné de l’Histoire. Le traditionalisme n’est pas une doctrine politique, à la différence du conservatisme.

Les conservateurs ne sont pas des contre-révolutionnaires

 « La contre-révolution est un mouvement, une doctrine et un parti politique né de la Révolution et dont l’objectif est d’abolir les effets de la Révolution par un retour au statu quo ante. »1 Certes, des contre-révolutionnaires tels Maistre et Bonald ont contribué à nourrir la pensée conservatrice ; de même que Malouet, Cazalès, Lally-Tollendal et Mounier, bien que qualifié de contre-révolutionnaires sont en fait des conservateurs. D’ailleurs, pour la grande majorité des auteurs, « le conservatisme français (et même, plus largement, européen) se serait constitué en réaction contre la Révolution. »1 Pourtant, « il est clair que conservatisme et contre-révolution sont deux doctrines radicalement distinctes, même si, sur deux points, elles convergent partiellement »1 : d’une part « une méfiance certaine à l’égard de l’idée de révolution [; d’autre part] la critique des droits de l’homme. »1

Les conservateurs ne sont pas des réactionnaires

Comme le traditionalisme, la « réaction est une autre forme de nostalgie du passé »1 Mais la réaction, à la différence de la contre-révolution « n’a pas, en tant que tel, de projet politique (…). Elle est bien davantage une rhétorique antimoderne. »1 Si « le conservatisme a pu, dans son histoire, se teinter de nuances réactionnaires (…) [il] vise la stabilité, non un retour illusoire à un passé idéalisé. »1 « Le conservateur entend établir un pont entre le passé, le présent et l’avenir, qu’il appréhende comme les éléments indissociables d’une continuité. Il n’idolâtre pas le passé : (…) ‘’Conserver ce qui vaut, réformer ce qu’il faut’’, déclarait Disraëli.

Le conservatisme est le contraire de l’immobilisme

Le vrai conservatisme ce n’est pas « une attitude figée, immobiliste, aveugle aux changements inévitables et aux mutations nécessaires, (…) mais une approche ouverte (…) qui estime que le seul comportement raisonnable consiste à poursuivre vers l’avant sans rejeter systématiquement les apports et les leçons du passé. »2 L’immobilisme « est une critique [très superficielle] de la politique »1. Elle n’est ni une doctrine, ni une sensibilité politique (à la différence du conservatisme). Pourquoi alors assimile-t-on conservatisme et immobilisme ? « Il est de fait que le conservatisme vise une certaine stabilité »1. Mais tout comme avec la réaction, « il a pu arriver que la gestion conservatrice se caractérise par une dérive vers l’immobilisme »1 (critique – sévère – du ministère Guizot de 1840 à 1848). « D’autres périodes de l’histoire de France ont pu, dans certains domaines, contribuer à la confusion du conservatisme et d’un possible immobilisme (…) »1 (1871 – 1877).

Citons, avec Jean-Philippe Vincent1, les principaux penseurs conservateurs français :

-         Les monarchiens qui, au cours de la Révolution française, sont les partisans, d'une monarchie constitutionnelle fondée sur le modèle britannique. Dès septembre 1789, ils tentent de s'opposer à l'accélération révolutionnaire :

  • Jacques Antoine Marie de Cazalès, (1758 – 1805), député de la noblesse aux États généraux de 1789.
  • François Dominique de Reynaud, comte de Montlosier, dit Montlosier (1755 – 1838). Ses colères contre les hommes de son propre camp le rendent inclassable et cachent une pensée profonde et innovatrice qui a posé les fondements d'une droite moderne dépassant le cadre strict de la Contre-Révolution.
  • Trophime-Gérard, comte de Lally, baron de Tollendal, puis marquis de Lally-Tollendal, dit Lally-Tollendal (1751 – 1830), homme politique et homme de lettres français.
  • Pierre-Victor Malouët (1740 – 1814), planteur de sucre de Saint-Domingue et homme politique français.
  • Jean-Joseph Mounier (1758 – 1806), avocat et homme politique français. Il est, dès 1788, favorable à un programme constitutionnel d'inspiration anglaise combinant un véto royal, et la souveraineté nationale, en mettant en place une assemblée législative élue par le peuple issu d'un suffrage censitaire. 

-         Les contre-révolutionnaires :

  • Le comte Joseph de Maistre (1753 – 1821) homme politique, philosophe, magistrat, historien et écrivain savoyard, sujet du royaume de Sardaigne ; père de la contre-révolution.
  • Louis-Ambroise, vicomte de Bonald (1754 – 1840), homme politique, philosophe et essayiste français, grand adversaire de la Révolution française. 

-         Les légitimistes, partisans favorables au rétablissement de la royauté dans la personne de l’aîné des Capétiens, chef de la maison de Bourbon :

  • François-René, vicomte de Chateaubriand (1768 – 1848), écrivain, mémorialiste et homme politique français. 

-         Les orléanistes, opposants aux légitimistes et favorables à la monarchie dans la lignée de Louis-Philippe (libéral et conservateur) :

  • François Guizot (1787 – 1874), historien et homme d'État français.
  • Alexis-Henri-Charles Clérel, comte de Tocqueville, dit Alexis de Tocqueville (1805 – 1859), philosophe politique, précurseur de la sociologie et homme politique français.
  • Lucien-Anatole Prévost-Paradol (1829 – 1870), journaliste et essayiste français. Son livre, La France nouvelle, fut une référence majeure de l'orléanisme, courant libéral français. 

-         Le « conservateur par excellence » selon Nisbet1 :

  • Pierre Guillaume Frédéric Le Play (1806 – 1882), ingénieur, homme politique et pionnier de la sociologie française.

-         Les autres penseurs conservateurs français selon Jean-Philippe Vincent1 ou le site de la Fondation du Pont-Neuf2 :

  • Antoine Rivaroli, dit Rivarol (1753 – 1801) écrivain, journaliste, essayiste et pamphlétaire royaliste français.
  • Pierre-Paul Royer, dit Royer-Collard (1763 – 1845), homme politique libéral, académicien et philosophe français.
  • Honoré de Balzac (1799 – 1850), écrivain, romancier, critique et essayiste français.
  • Charles Baudelaire (1821 – 1867), poète français.
  • Joseph Ernest Renan (1823 – 1892), écrivain, philologue, philosophe et historien français.
  • Hippolyte Taine (1828 – 1893), philosophe et historien français.
  • Paul Bourget (1852 – 1935), écrivain et essayiste français.
  • Hubert Lyautey (1854 – 1934) militaire français, maréchal de France.
  • Daniel Halévy (1872 – 1962), historien et essayiste français.
  • Georges Ripert (1880 – 1958), professeur de droit et homme politique français, profondément conservateur.
  • Jacques Maritain (1882 – 1973), philosophe français.
  • Jean Mallard de La Varende Agis de Saint-Denis, plus connu sous la forme brève Jean de La Varende, (1887 – 1959) écrivain français.
  • Georges Bernanos (1888 – 1948), écrivain français.
  • Gaston Fessard (1897 – 1978), prêtre jésuite français, résistant, philosophe et théologien.
  • Bertrand de Jouvenel (1903 – 1987), écrivain et journaliste français, également juriste, politologue et économiste.
  • Michel Villey (1914 – 1988), philosophe français et historien du droit.
  • Pierre Boutang (1916 – 1998) philosophe, poète et journaliste politique français2.
  • Raoul Girardet (1917 – 2013), historien français2.
  • Julien Freund (1921 – 1993), philosophe, sociologue et résistant français.
  • Jacques Ellul (1912 – 1994), historien du droit, sociologue et théologien protestant libertaire français.
  • Vladimir Volkoff (1932 – 2005), écrivain français d’origine russe2.
  • Jean-François Mattéi (1941 – 2014), professeur de philosophie grecque et de philosophie politique2.
  • Philippe Muray (1945 – 2006), philosophe, essayiste et romancier français2.
  • Stéphane Rials (1951), juriste français et professeur d’université. 

A côté des penseurs conservateurs, Jean-François Vincent cite, parmi d’autres, deux figures conservatrices1 : 

  • André Tardieu (1876 – 1945), homme politique de l’entre-deux-guerres, ancien collaborateur de Clémenceau, plusieurs fois membre du gouvernement. Il illustre combien le conservatisme n’est pas un immobilisme, il estimait que le meilleur du passé ne pouvait survivre que par la réforme.
  • Georges Pompidou (1911 – 1974) incarne le conservatisme de toujours. Premier ministre puis Président de la République, il manifesta, comme Tardieu, son intérêt pour les réformes, notamment sociales.

N’oublions pas rappelle la Fondation du Pont-Neuf2 :

  • Charles de Gaulle (1890 – 1970) qui, « bien qu’il ne se soit jamais réclamé » du conservatisme « (…) sa volonté de réconcilier la présent de la France avec son passé, [peut être considérée] comme un archétype du conservatisme à la française. » 

Le père du conservatisme moderne : 

Edmund Burke (1729 – 1797), homme politique et philosophe irlandais, père du conservatisme moderne et penseur libéral, s’il émet « une critique virulente de la Révolution française, (…) [le] fait générateur qui manifeste [son] conservatisme (…) [est] que ladite révolution a troublé, par l’introduction de notions subversives et le principe de la table rase, un ordre des choses, naturel ou non, qui constituait dans la pensée même de Burke la réalité objective du conservatisme. »1 

« Par ailleurs, dans beaucoup de pays, le conservatisme politique est très prégnant, sans qu’il y ait eu un choc comparable à la Révolution française (…) »1 : 

  • Edgar Allan Poe (1809 – 1849), poète, romancier, nouvelliste, critique littéraire, dramaturge et éditeur américain2.
  • Jacob Burckhardt (1818 – 1897), historien, historien de l'art, philosophe de l'histoire et de la culture et historiographe suisse.
  • John Ruskin (1819 – 1900) écrivain, poète, peintre et critique d'art britannique2.
  • Charles-Ferdinand Ramuz (1878 – 1947), écrivain et poète suisse2.
  • Monseigneur Clémens August, né comte Von Galen (1878 – 1946), cardinal catholique allemand2.
  • Robert Nisbet (1913 – 1996), sociologue conservateur américain.
  • Russel Kirk (1918 – 1994), théoricien politique, écrivain, historien, moraliste et critique américain.
  • Irving Kristol (1920 – 2009), journaliste, éditeur et intellectuel américain considéré comme le fondateur du néoconservatisme américain.
  • William F. Buckley (1925 – 2008), essayiste et journaliste américain, fondateur de National Review3. 

« La permanence du conservatisme comme doctrine et comme style est attesté au XXème et au début du XXIème siècle par les écrits de nombreux auteurs »1 et Jean-Philippe Vincent de nommer en plus de Julien Freund, Bertrand de Jouvenel et Robert Nisbet ou encore Daniel Halévy3, Stéphane Rials3, Pierre Boutang3, Philippe Muray3 et Vladimir Volkoff3 cités plus haut :

  • Léo Strauss (1899 – 1973), philosophe et historien de la philosophie allemand émigré aux Etats-Unis.
  • Eric Voegelin (1901 – 1985), philosophe américain d’origine autrichienne.
  • Michael Oakeshott (1901 – 1990), philosophe et historien britannique, spécialiste de la pensée politique.
  • Aurel Kolnai (1900 – 1973), philosophe et théoricien conservateur britannique d’origine hongroise.
  • Wilhelm Röpke (1899 – 1966), philosophe et économiste allemand, fondateur de l’ordolibéralisme.
  • Alexandre Soljenitsyne (1918 – 2008), écrivain russe et dissident au régime soviétique.
  • Alasdair MacIntyre (1929), philosophe écossais.

Dans son livre, paru en 1987, sur le mouvement conservateur aux Etats-Unis, John P. West cite 7 personnalités importantes. Outre Russell Kirk, Leo Strauss, Eric Voegelin cités par Jean-Philippe Vincent :

  • Ludwig von Mises (1881 – 1973), économiste autrichien naturalisé américain, auteur influent sur l’école autrichienne, défenseur du capitalisme et du libéralisme.
  • Richard Weaver (1910 – 1963), universitaire américain.
  • Frank S. Meyer (1909 – 1972), philosophe américain.
  • Willmoore Kendall (1909 – 1967), écrivain et professeur de philosophie politique. 

Et le site de la Fondation du Pont-Neuf de compléter2 :

  • Thomas Mann (1875 – 1955), écrivain allemand, prix Nobel de littérature en 1929.
  • T. S. Eliot (1888-1965), de son nom complet Thomas Stearns Eliot, poète, dramaturge et critique littéraire américain naturalisé britannique.
  • Christopher Lasch (1932 – 1994), historien et sociologue américain, intellectuel et critique social. 

 

1.Introduction du livre de Jean-Philippe Vincent, « Qu’est-ce que le conservatisme ? Histoire intellectuelle d’une idée politique » aux éditions Les Belles Lettres.

2.Site de la Fondation du Pont-Neuf et « Le dictionnaire du conservatisme » de C. Boutin, F. Rouvillois et O. Dard aux éditions Le Cerf.

3.Cité par Laurent Sailly sur le site Méchant Réac ! ®. La classification « conservateur » des membres de la Réacadémie ® n’engage que la site Méchant Réac ! ®. Un droit de rectification peut être adressé au site via laurent@mechantreac.fr.

Les Méchants Réacs sont libéraux: Liberté & Propriété, Responsabilité & Sécurité

« La véritable doctrine libérale est une grande méconnue (…). Alors qu’est-ce que le libéralisme ? (…) [Dissipons d’abord] les erreurs les plus courantes, par exemple :

  • Croire qu’il est possible de dissocier, voire d’opposer, un libéralisme philosophique et un libéralisme économique ;
  • Croire que le libéralisme trouve sa seule justification (ou sa condamnation) dans ses effets économiques ;
  • Croire que le libéralisme est lié à la théorie classique de l’équilibre général, et en particulier aux mythes de l’homo economicus et de la concurrence ‘’pure et parfaite’’ ;
  • Croire que le libéralisme ignore les liens sociaux ou en prône l’effacement ;
  • Croire que le libéralisme s’oppose à toute forme d’action collective. »1

Quels sont les valeurs libérales ? On peut citer :

  • La liberté individuelle et l’égalité en droit ;
  • La propriété et ses conséquences que sont les droits de sûreté et de résistance à l’oppression ;
  • La responsabilité, valeur inséparable des deux premières.

Il existe de nombreuses formes de libéralisme, mais qui ont toutes un point commun : « limiter de façon stricte l’intervention de l’Etat (…) »1. Ainsi Friedrich Hayek écrit : « ‘’Il n’y a rien dans les principes du libéralisme qui permette d’en faire un dogme immuable ; il n’y a pas de règles stables, fixées une fois pour toutes. Il y a un principe fondamental : à savoir que dans la conduite de nos affaires nous devons faire le plus grand usage possible des forces sociales spontanées et recourir le moins possible à la coercition.’’ »2

Qu’est-ce que le libéralisme philosophique ?

« En schématisant, il existe d’une part une approche conséquentialiste ou utilitariste, dans laquelle le libéralisme est justifié par les résultats auxquels il conduit, et une approche déontologique, dans laquelle le libéralisme repose sur des principes philosophiques universels. Cette distinction s’accompagne d’une autre : pour les conséquentialistes, il est légitime de considérer séparément des doctrines libérales dans chaque domaine : moral, religieux, politique, économique etc. Pour les déontologistes au contraire, il existe une seule doctrine libérale qui s’applique uniformément dans tous ces domaines. »1

Le « véritable libéralisme est de nature déontologique. (…) Son dogme fondateur est « tous les hommes sont libres et égaux en droit » (…) »1 Ainsi, le principe énoncé par cette philosophie est le suivant : « ‘’chaque être humain est libre d’agir comme il l’entend conformément à ses aspirations, à sa situation et à ses capacités’’. (…) Le même principe de liberté peut [aussi] s’énoncer sous forme négative : ‘’aucun être humain n’a le droit de priver un autre être humain de sa liberté d’agir comme il l’entend (…)’’. Sous ses deux formes, positive et négative, le principe libéral a valeur de dogme. (…) Au niveau individuel, le principe libéral ne prescrit aucun comportement particulier (…). Dans l’ensemble de règles que chacun de nous suit dans son comportement individuel, le libéralisme n’en introduit qu’une seule : tu n’exerceras aucune contrainte envers autrui. »1 (sorte de morale minimale de tolérance). Il en découle que, seul propriétaire de sa vie, le libéralisme autorise l’euthanasie et condamne la peine de mort.

L’absence de contrainte pousse la logique libertarienne proposée par Gustave de Molinari (et développer par Lysander Spooner et Murray Rothbard) à contester toute légitimité à l’Etat. En effet, « l’Etat ne peut pas plus que toute autre organisation humaine recourir à la violence contre les citoyens, quel qu’en soit le prétexte, intérêt général, régulation, justice sociale ou autre. »1 Le principe d’absence de contrainte affecte l’ordre démocratique car, de « la même façon qu’il doit être interdit à un plus fort d’imposer sa volonté à un plus faible, il doit être interdit à un plus grand nombre d’individus d’imposer leur volonté à un plus petit nombre. Les décisions d’une majorité ne s’appliquent qu’aux membres de cette majorité (…). La vraie démocratie, ce n’est pas faire régner la loi de la majorité, mais au contraire protéger la liberté des individus et des minorités contre les plus forts et [ou] les plus nombreux. »1

De la théorie des droits naturels – droits inhérents à la nature humaine (droit à la vie, à la liberté et à la propriété) – développée par Locke, « est issue la conception moderne des droits de l’homme qui a fourni historiquement la justification idéologique de la Révolution américaine et de la Révolution française, sans pour autant préconiser la démocratie, de crainte que la ‘’tyrannie de la majorité’’ (selon l’expression de Tocqueville) ne vienne limiter les droits individuels. »2 Si plusieurs libéraux contestent la thèse des droits naturels, tous « admettent l’insuffisance du seul droit positif [NDLR : l’Etat comme source de droit] : Hayek distingue la loi et la ‘’règle de la loi’’ ; Bastiat affirme que ‘’Personnalité, Liberté, Propriété (…) sont antérieures et supérieures à toute législation humaine.’’ »2

Qu’est-ce que le libéralisme politique ?

A la suite des travaux de John Locke, Hobbes, Montesquieu et Benjamin Constant, les libéraux classiques ont admis la nécessité d’un Etat (séparation des pouvoirs, contre-pouvoirs, etc). L’homme est abordé dans sa réalité et sa complexité. La question essentielle à résoudre est la suivante : dans une société humaine, qui peut arrêter la violence ? « Seule peut arrêter la violence une force plus puissante que celle de la troupe la plus nombreuse et la plus forte, qui ne peut être que la force de la société tout entière, matérialisée par une organisation qu’on appelle l’Etat. Chacun doit renoncer à utiliser la violence et confier à l’Etat le monopole de l’exercice de la force, au service de la protection de chacun contre tous les autres. »1

Mais il est à craindre que cette organisation ayant « le monopole de la violence, (…) les hommes qui la composent en abusent (…). Par conséquent, l’action de l’Etat doit être strictement limitée à la défense des libertés individuelles (…). |Ainsi], le seul rôle légitime de l’Etat est de permettre aux humains de vivre ensemble, même s’ils ne sont d’accord sur rien d’autre que cette volonté de vivre ensemble. Cette philosophie politique pourrait se résumer en trois citations :

  • Montaigne : ‘’Les princes me donnent prou s’ils ne m’ôtent rien, et me font assez de bien quand ils ne me font point de mal ; c’est tout ce que j’en demande.’’
  • Jean-Baptiste Say : ‘’A la tête d’un gouvernement, c’est déjà faire beaucoup de bien que de ne pas faire de mal.’’
  • Frédéric Bastiat : ‘’N’attendre de l’Etat que deux choses : liberté, sécurité. Et bien voir que l’on ne saurait, au risque de les perdre toutes les deux, en demander une troisième.’’ »1

« Les libéraux les plus radicaux, les anarcho-capitalistes, affirment que la sphère des attributions légitimes du pouvoir politique est vide. Les libéraux plus modérés, les minarchistes, pensent qu’il existe des fonctions légitimes de l’Etat, qu’ils identifient souvent aux fonctions régaliennes : sécurité, police, justice, défense du territoire. »2 Mais la plupart des libéraux juge le pouvoir politique trop étendu.

Parce qu’ils partagent la même nature humaine, tous les hommes sont égaux devant le droit et la loi. Ainsi, l’Etat libéral ne pratique pas l’apartheid. Mais, sous l’influence des activistes du post-modernisme, du politiquement correct et de la folie égalitariste, la loi diffère selon les individus : loi sur la parité, discrimination positive, distinctions selon les revenus (impôts…).

Qu’est-ce que le libéralisme économique ?

« Le libéralisme économique n’est pas autre chose que l’application du libéralisme philosophique et politique aux actes économiques. L’économie n’est qu’un des domaines de l’activité humaine où l’Etat ne doit pas intervenir. (…) Les philosophes libéraux qui ont abordé le terrain de l’économie, comme Locke, Hume, Condillac ou Benjamin Constant, y ont développé des positions libérales comme conséquence directe de leurs positions philosophiques (…) »1 (c’est-à-dire limiter l’intervention de l’Etat). Alors que les économistes tels que « Say, Bastiat, Mises ou Hayek (…) ont pris le soin de rattacher leurs positions économiques à des racines philosophiques déontologiques. (…) [Il est donc] absurde de distinguer un libéralisme économique d’un libéralisme philosophique, et a fortiori de les opposer. »1

« Cette tradition économique classico-autrichienne (…) prend les êtres humains tels qu’ils sont (…). Elle ne s’intéresse pas non plus à d’imaginaires équilibres, mais aux processus concrets qui modèlent la réalité économique. »1 L’idée principale à retenir est que, pour cette tradition, « chaque être humain est le meilleur juge de son propre bien-être »1. Ce n’est pas pour autant, que « ces libéraux (…) prétendent que le libre marché conduit à un optimum. »1 Mais cela n’est pas suffisant pour tenter de justifier l’intervention de l’Etat. « S’en remettre au pouvoir de l’Etat pour remédier à ce que les économistes néoclassiques appellent les défaillances du marché est pire que le mal (…) »1

Trois idées à retenir :

-        Les motivations des hommes sont, pour les libéraux, trop diverses pour être réduites à un modèle mathématique. Le marché est la traduction de leurs volontés.

-        Le marché n’est pas parfait et est contraint par des éléments physiques, géographiques ou climatiques.

-        Le marché a besoin de règles mais le meilleur régulateur n’est pas nécessairement l’Etat.

Qu’est-ce le libéralisme social ?

Selon Mises, l’« action humaine tend par elle-même vers la coopération et l’association ; l’homme devient un être social non pas en sacrifiant ses propres intérêts à ceux d’un Moloch mythique appelé la Société, mais en visant à améliorer son propre bien-être. »

Ainsi, la société doit être ce que les hommes, par leurs actions quotidiennes, décident librement ce qu’elle sera. L’homme est un animal social qui trouve dans ses semblables le moyen de sa propre survie et de sa propre satisfaction. La société libérale n’est pas une juxtaposition d’individus égoïstes : lorsqu’ils ne peuvent atteindre seuls un de leurs objectifs, les hommes s’associent en fonction de leurs intérêts individuels. Cette association doit être librement consentie et sans contrainte.

La société libérale considère que la solidarité entre ses membres est un devoir, mais qu’il n’appartient pas à l’Etat d’intervenir dans ce domaine.

Enfin, selon Hayek, les libéraux reconnaissent « l’individu comme juge en dernier ressort de ses propres fins » et s’opposent en cela au marxisme (théorie constructiviste).

Citons, en suivant l’ordre chronologique (décès) les libéraux suivants3 et 4 :

  • Michel Eyquem de Montaigne (28 février 1533 – 13 septembre1592), dit Montaigne, philosophe, humaniste et moraliste de la Renaissance, écrivain érudit, précurseur et fondateur des « sciences humaines et historiques » en langue française
  • Étienne de La Boétie est un écrivain humaniste et un poète français, né le 1ᵉʳ novembre 1530 et mort le 18 août 1563 à Germignan, célèbre pour son Discours de la servitude volontaire.
  • Thomas Hobbes (5 avril 1588 – 4 décembre 1679) est un philosophe anglais. Son œuvre majeure, le Léviathan, eut aussi une influence considérable sur l'émergence du libéralisme et de la pensée économique libérale du XXᵉ siècle, et sur l'étude des relations internationales et de son courant rationaliste dominant : le réalisme.
  • John Locke, né le 29 août 1632 et mort le 28 octobre 1704 est un philosophe anglais. Il s'intéresse aussi aux prémices de ce qui sera appelé à compter du XIXᵉ siècle le libéralisme.
  • Pierre Le Pesant de Boisguilbert, né le 17 février 1646 à Rouen, où il est mort le 10 octobre 1714, est un écrivain et économiste français qui, après Montchrestien, a produit des textes fondateurs de l’économie politique moderne.
  • Charles Louis de Secondat, baron de La Brède et de Montesquieu, est un penseur politique, précurseur de la sociologie, philosophe et écrivain français des Lumières, né le 18 janvier 1689 et mort le 10 février 1755.
  • François Quesnay, né le 4 juin 1694 et mort le 16 décembre 1774, est un médecin et économiste français, et l'un des fondateurs de la première école en économie, l'école des Physiocrates.
  • David Hume (7 mai 1711 – 25 août 1776) est un philosophe, économiste et historien écossais. Il est considéré comme un des plus importants penseurs des Lumières écossaises et est un des plus grands philosophes et écrivains de langue anglaise. Fondateur de l'empirisme moderne.
  • Guillaume-François Le Trosne, né le 13 octobre 1728 et mort le 26 mai 1780, est un juriste et économiste français, qui demeure l'une des principales figures de la physiocratie, école de pensée fondée par François Quesnay et le marquis de Mirabeau en juillet 1757.
  • Étienne Bonnot de Condillac, abbé de Mureau, est un philosophe, écrivain, académicien et économiste français, né le 30 septembre 1714 et mort le 3 août 1780 ; premier et seul vrai représentant du courant empiriste en France.
  • Anne Robert Jacques Turgot, baron de l'Aulne, souvent appelé Turgot, né le 10 mai 1727 et mort le 18 mars 1781, est un homme politique et économiste français. Partisan des théories libérales de Quesnay et de Gournay.
  • Adam Smith est un philosophe et économiste écossais des Lumières, né le 5 juin 1723 et mort le 17 juillet 1790. Il reste dans l’histoire comme le père des sciences économiques modernes, dont l'œuvre principale, publiée en 1776, La Richesse des nations, est un des textes fondateurs du libéralisme économique.
  • Emmanuel Kant, né le 22 avril 1724 et mort le 12 février 1804, est un philosophe allemand, fondateur du criticisme et de la doctrine dite « idéalisme transcendantal ».
  • Anne-Louise-Germaine Necker, baronne de Staël-Holstein, connue sous le nom de Madame de Staël, est une romancière et philosophe genevoise et française née le 22 avril 1766 et morte le 14 juillet 1817.
  • Pierre Samuel Du Pont de Nemours, né le 14 décembre 1739 et mort le 7 août 1817, est un philosophe, journaliste, économiste, homme politique, diplomate, et entrepreneur français. Il obtiendra la nationalité américaine à la fin de sa vie.
  • Benjamin Constant de Rebecque, né le 25 octobre 1767 et mort le 8 décembre 1830, est un romancier, homme politique, et intellectuel français d'origine vaudoise.
  • Jean Baptiste Say, né le 5 janvier 1767 et mort le 14 novembre 1832, est le principal économiste classique français.
  • François Charles Louis Comte, né le 25 août 1782 et mort le 13 avril 1837, est un avocat, journaliste, économiste et juriste français. Avocat, il soutint une lutte ardente contre la Restauration dans Le Censeur, qu'il fonda en 1814 avec Charles Dunoyer, où ils défendirent les idées libérales.
  • Pierre-Paul Royer, dit Royer-Collard, né le 21 juin 1763, mort le 4 septembre 1845, est un homme politique libéral, académicien et philosophe français, avocat au Parlement de Paris en 1787.
  • Frédéric Bastiat, né le 30 juin 1801 et mort le 24 décembre 1850, est un économiste, homme politique de gauche, magistrat et penseur libéral français.
  • Alexis-Henri-Charles Clérel, comte de Tocqueville, généralement appelé par convenance Alexis de Tocqueville, né le 29 juillet 1805, mort le 16 avril 1859, est un philosophe politique, politiste, précurseur de la sociologie et homme politique français.
  • Charles Dunoyer, né le 20 mai 1786 et mort le 4 décembre 1862, est un juriste et économiste français.
  • Richard Cobden, né le 3 juin 1804 et mort le 2 avril 1865, fut en même temps un industriel britannique et un homme d'État radical et libéral, associé à John Bright dans l’élaboration de l'Anti-Corn Law League.
  • John Stuart Mill, né le 20 mai 1806 et mort le 8 mai 1873, est un philosophe, logicien et économiste britannique. Penseur libéral parmi les plus influents du XIXᵉ siècle, il est un partisan de l'utilitarisme, l'un des derniers représentants de l'école classique.
  • François Guizot, né le 4 octobre 1787 et mort le 12 septembre 1874, est un historien et homme d'État français, plusieurs fois ministre sous la monarchie de Juillet.
  • Joseph Ernest Renan, né le 28 février 1823 et mort le 2 octobre 1892, est un écrivain, philologue, philosophe et historien français.
  • Hippolyte Taine, né le 21 avril 1828 et mort le 5 mars 1893, est un philosophe et historien français.
  • Friedrich Wilhelm Nietzsche est un philologue, philosophe, poète, pianiste et compositeur allemand, né le 15 octobre 1844 et mort le 25 août 1900.
  • John Emerich Edward Dalberg-Acton, né le 10 janvier 1834 et mort le 19 juin 1902, 1ᵉʳ baron Acton, dit Lord Acton,    est un historien et homme politique britannique catholique d'origine italo-allemande, qui joua un grand rôle au XIXᵉ siècle dans les discussions concernant le rôle du libéralisme et du modernisme au sein de l'Église catholique.
  • Herbert Spencer, né le 27 avril 1820 et mort le 8 décembre 1903, est un philosophe et sociologue anglais, membre de l'Anti-Corn Law League, fondée par Richard Cobden.
  • Gustave de Molinari, né le 3 mars 1819 et mort le 28 janvier 1912, est un économiste belge. Disciple de Frédéric Bastiat, il est considéré comme le fondateur de l'anarcho-capitalisme. Il était partisan du libre-échange laissé à sa propre impulsion.
  • Eugen von Böhm-Bawerk (12 février 1851 – 27 août 1914) est un économiste autrichien. Il contribue au développement de l'école autrichienne d’économie.
  • Max Weber, né le 21 avril 1864 et mort le 14 juin 1920, est un économiste et sociologue allemand originellement formé en droit, considéré comme l'un des fondateurs de la sociologie.
  • Carl Menger, né le 23 février 1840 et mort le 26 février 1921 à Vienne, est un économiste autrichien, fondateur de l'école autrichienne.
  • Franz Kafka est un écrivain pragois de langue allemande et de religion juive, né le 3 juillet 1883 et mort le 3 juin 1924, considéré comme l'un des écrivains majeurs du XXᵉ siècle.
  • Yves Guyot, né le 6 septembre 1843 et mort le 22 février 1928, est un homme politique, journaliste, essayiste et économiste français. C'est un républicain et un libéral, partisan farouche du libéralisme politique comme du libéralisme économique libre-échangiste.
  • George Orwell, nom de plume d’Eric Arthur Blair, né le 25 juin 1903 et mort le 21 janvier 1950 à Londres, est un écrivain, essayiste et journaliste britannique.
  • Wilhelm Röpke, né le 10 octobre 1899 et mort le 12 février 1966, est un philosophe et économiste allemand. Fondateur de l'ordolibéralisme ; il fut avec Walter Eucken à l'origine de l'économie sociale de marché mise en œuvre par Ludwig Erhard, père du « miracle allemand ».
  • Ludwig von Mises (né le 29 septembre 1881) est un économiste autrichien puis américain qui a eu une influence importante sur le mouvement libéral et libertarien moderne. Naturalisé américain en 1946, il meurt à New York le 10 octobre 1973.
  • Hannah Arendt, née Johanna Arendt le 14 octobre 1906 et morte le 4 décembre 1975, est une politologue, philosophe et journaliste allemande naturalisée américaine, connue pour ses travaux sur l’activité politique, le totalitarisme, la modernité et la philosophie de l'histoire.
  • Jacques Léon Rueff, né le 23 août 1896 et mort le 23 avril 1978, est un haut fonctionnaire et économiste français, qui a joué un rôle majeur dans les politiques économiques menées dans les années 1930 et surtout à partir de 1958.
  • Gaston Leduc, né le 27 juillet 1904 et mort le 6 décembre 1979, est un économiste français, de tendance libérale.
  • Ayn Rand – minarchiste, libertarienne – de son vrai nom Alissa Zinovievna Rosenbaum, est une philosophe, scénariste et romancière américaine d'origine russe, juive athée, née le 2 février 1905 et morte le 6 mars 1982
  • Leonard E. Read (26 septembre 1898 – 14 mai 1983) est un économiste américain, qui a créé la Foundation for Economic Education en mars 1946, premier laboratoire d'idées libertarien aux États-Unis.
  • Raymond Aron, né le 14 mars 1905 et mort le 17 octobre 1983, est un philosophe, sociologue, politologue, historien et journaliste français.
  • Bertrand de Jouvenel des Ursins connu sous le nom de Bertrand de Jouvenel, né le 31 octobre 1903 et mort le 1ᵉʳ mars 1987, est un écrivain et journaliste français, également juriste, politologue et économiste.
  • Ludwig Lachmann, né le 1ᵉʳ février 1906 et mort le 17 décembre 1990, est un économiste allemand de l'École autrichienne d'économie, qui approfondit la perspective subjectiviste de cette école.
  • Friedrich Hayek, né Friedrich August von Hayek le 8 mai 1899 et mort le 23 mars 1992, est un économiste et philosophe britannique originaire d'Autriche.
  • Henry Hazlitt (28 novembre 1894 – 8 juillet 1993) est un philosophe, essayiste, économiste et journaliste libertarien américain.
  • Karl Raimund Popper, né le 28 juillet 1902 et mort le 17 septembre 1994, est un enseignant et philosophe des sciences du XXᵉ siècle.
  • Murray Newton Rothbard (2 mars 1926 – 7 janvier 1995) est un économiste et un philosophe politique américain, théoricien de l’école autrichienne d'économie, du libertarianisme et de l’anarcho-capitalisme.
  • Robert Nozick est un philosophe américain professeur à Harvard, né le 16 novembre 1938 et mort le 23 janvier 2002. Penseur libertarien proche du courant minarchiste.
  • Peter Thomas Bauer, baron Bauer, né le 6 novembre 1915 et mort le 2 mai 2002, est un économiste hongrois, célèbre pour s'être opposé à la théorie couramment admise selon laquelle l'aide publique au développement serait le meilleur moyen de soutenir les pays en voie de développement.
  • Jean-François Revel, né Ricard le 19 janvier 1924, mort le 30 avril 2006, est un philosophe, écrivain et journaliste français.
  • Milton Friedman est un économiste américain né le 31 juillet 1912 et mort le 16 novembre 2006, considéré comme l'un des économistes les plus influents du XXᵉ siècle, commentateur politique et essayiste à succès. Prix Nobel d'économie en 1976 ; ardent défenseur du libéralisme, il fut à l'origine du courant monétariste ainsi que le fondateur de l'École de Chicago.
  • James McGill Buchanan Jr., né le 3 octobre 1919 et mort le 9 janvier 2013, est un économiste américain, « prix Nobel » d'économie en 1986 pour le développement de la théorie du choix public.
  • Raymond Boudon, né le 27 janvier 1934 et mort le 10 avril 2013, est un philosophe et sociologue français. Chef de file de l'individualisme méthodologique en France, c'est l'un des plus importants sociologues français de la seconde partie du XXᵉ siècle et du début du XXIᵉ siècle.
  • Gordon Tullock, né le 13 février 1922 et mort le 3 novembre 2014 est un professeur de droit et d'économie à l'Université George Mason. Il est un des principaux économistes du XXᵉ siècle, et est le cofondateur de l'École du choix public avec James M. Buchanan.
  • Jacques de Guenin est un essayiste et homme politique français d’obédience libérale né le 2 mai 1931 et mort le 24 octobre 2015.
  • Anthony de Jasay (15 octobre 1925 – 23 janvier 2019) est un écrivain, philosophe libertarien et économiste hongrois connu pour ses écrits anti-étatiques.

 

1.Article paru dans Contrepoints.org sous le titre « Qu’est-ce que le libéralisme » par Gérard Dréan. 2.Article « Libéralisme » de Wikibéral consulté le 14 novembre 2019. 3. https://www.lesbelleslettres.com/livre/1705-les-penseurs-liberaux : « Les penseurs libéraux », d’Alain Laurent et Vincent Valentin. 4.« Histoire intellectuelle du libéralisme », de Pierre Manent – Edition Fayard / Pluriel.