France

Une loi visant à lutter contre les « fake news » est inconstitutionnelle

Que deviennent les libertés dans notre démocratie ? 

On oublie trop souvent qu’une liberté est composée de deux critères indissociables : un critère positif, le droit à sa propre liberté et un critère négatif, le devoir de respecter la liberté des autres. Mais face aux communautarismes et corporatisme de tous bords, devant l’égalitarisme érigé en dogme, les libertés s’effacent peu à peu. Ainsi, les Français ont-ils toujours plus de droits et moins de libertés. 

La liberté « consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui ». Les limites à celle-ci sont définies « par la Loi » ainsi que les « exigences de la morale, de l'ordre public et du bien-être général ». Pour autant, la liberté reste le principe suprême et la « Loi n'a le droit de défendre que les actions nuisibles à la communauté. Tout ce qui n'est pas défendu par la Loi ne peut être empêché, et nul ne peut être contraint à faire ce qu'elle n'ordonne pas. » Cette liberté est la même pour tous, sans distinction aucune. 

La liberté individuelle est composée de la liberté de pensée, de conscience et de religion ; la liberté d'opinion et la liberté d’expression et d’information « sous réserve de la seule diffamation et de l’insulte envers les personnes, ou d’un appel explicite à la violence ou à la haine envers un groupe. » C’est aussi la liberté de réunion et d'association pacifique (la liberté individuelle laisse la place à la liberté collective mais dans la limite où nul ne peut être tenu de s’associer ou de se réunir contre sa volonté). La liberté d’expression n’est que la manifestation de la liberté de penser. Je pense ce que je veux, et j’ai droit de penser faux ou différemment ou simplement de me tromper. Autant la liberté de penser est sans limite, que la liberté d’expression doit être contenu et se conjuguer avec d’autres libertés inaliénables. 

Dans un régime démocratique où les citoyens sont destinés à exercer leur autonomie politique, la fonction essentielle de la presse consiste à leur donner les moyens de développer leur sens critique, d'évaluer leurs représentants et leurs administrateurs, et de former leur jugement politique. Il est par conséquent indispensable que la presse puisse fournir des informations pertinentes sans dissimuler des faits déplaisants, par prudence, par crainte ou par déférence à l'égard d'un pouvoir illimité. 

Cette liberté d'informer est si essentielle à la démocratie qu'elle ne saurait être limitée sans mettre en danger les droits politiques de chaque citoyen. Comme l'écrivait Tocqueville, l'auteur de De la démocratie en Amérique : "Dans un pays où règne ostensiblement le dogme de la souveraineté du peuple la censure n'est pas seulement un danger, mais encore une grande absurdité". Aussi faut-il avoir des raisons supérieures, impérieuses même, pour la contraindre légitimement. 

La liberté de la presse, c’est la liberté d’expression émise par une personne particulière : le journaliste. La multiplication des organes de presse du type BFM TV, I-Télé, France Info pousse la presse à divulguer des informations insuffisamment vérifiées, commettant des erreurs, et mêlant des faits incertains à des faits avérés. Or, comme le monde politique, le milieu journalistique n’est pas exsangue de toute critique. La collusion entre les deux mondes se révèle au grand jour (par sympathie ou par pression). Il ne s’agit bien sûr pas de condamner toute interaction entre le monde politique et le monde de la presse (la coexistence est aussi facteur d’échanges utiles). Il ne s’agit pas de condamner chaque fois que la presse se rend coupable d'erreurs de bonne foi, on ne produirait qu'un seul effet : la censure de la presse par son autocensure. La loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse et la combinaison des articles 4, 10 et 11 de la Déclaration de 1789, présente dans le préambule de la constitution, sont suffisantes pour protéger et limiter la liberté de la presse. 

Le « non-journaliste » lorsqu’il exprime ses idées dans le cadre privé n’est voué qu’au courroux de son auditoire (qui semble pourtant être remis en cause par le décret n° 2017-1230 du 3 août 2017 relatif aux provocations, diffamations et injures non publiques présentant un caractère raciste ou discriminatoire), mais qu’en est-il lorsque celle-ci s’exprime en public (notamment sur internet – la fameuse « opinion publique »). Cette liberté d’expression devrait être soumise aux mêmes règles que celle de la liberté de la presse. Dans sa décision du 10 juin 2009, le Conseil constitutionnel estime que la protection constitutionnelle de la liberté de communication et d’expression s’applique à Internet compte tenu du rôle croissant que joue ce média dans l’accès du citoyen à l’information. Il souligne qu’Internet permet également, à travers la messagerie électronique, les réseaux sociaux, les blogs et autres forums de discussion, d’exercer sa liberté d’expression et de contribuer à la diffusion de l’information et de participer à la circulation et à l’échange d’idées et d’opinions. De plus, comme le souligne le Comité des ministres du Conseil de l’Europe dans sa recommandation du 18 février, l’Internet peut être mis au service du développement de la démocratie par des outils de démocratie électronique qui peuvent concerner de nombreux domaines (législation électronique, vote électronique, consultation électronique, pétition électronique...) et permettre au citoyen de débattre, surveiller et évaluer les actions de ses représentants. L’information des blogueurs et des internautes en générale doit être plus poussée afin qu’ils connaissent les conséquences et les responsabilités de leurs actes. Cette information pourrait faire l’objet d’une alerte spécifique à chaque entrée sur un site du type de celle concernant l’utilisation des cookies.

En intégrant la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 dans le préambule de la Constitution, les constitutionnalistes ont conféré une force à la liberté d’expression supérieur à la loi. Si le projet de loi consistant à lutter contre les « fake news » part d’un bon sentiment, je ne vois pas en quoi ceux-ci sont en mesure de troubler l’ordre public et se révèlerait donc inconstitutionnel. L’appareil législatif et suffisant. La loi votée n’aurait pour effet que de participer à l’inflation législative. Au passage, la proposition de loi portée par Jean-Luc Mélenchon réclamant l’instauration d’un conseil déontologique du journalisme (ou de la presse) se verrait, selon moi, suivre le même sort. Pour élargir le sujet, il faudra s’interroger sur les prérogatives du C.S.A. qui, sous la présidence d’Olivier Schrameck, tend à devenir un organe de censure influencé par twitter. 

La liberté d’expression, que ce soit par la presse ou par l’opinion publique doit rester la libre servante de la démocratie (selon l’expression de Marc-Antoine Dilhac, professeur agrégé et docteur en philosophie), limitée strictement par les infractions de diffamation, d'injure, de provocation à la haine ou à la violence, ou encore d'apologie du terrorisme ou du négationnisme.

(cf. ma proposition de réforme constitutionnelle en lien  ici). 

2018©LAURENT SAILLY – MECHANT REAC ! ®

04/01/2018

Les 5668 élus qui gouvernent la France depuis 60 ans

2018 marquera le 60ème anniversaire de la Vème République.
 Le temps des comptes est venu.
 
 Depuis 1958, la Vème République a connu :
 -          8 présidents de la République
 -          20 premiers ministres pour 634 ministres
 -          6 présidents du Sénat pour 1620 sénateurs
 -          13 présidents de l’Assemblée nationale pour 3942 députés
 -          450 parlementaires européens
 
 Soit, au niveau national, un aéropage de 5668 personnes, qui, depuis 60 ans, se partagent le pouvoir en France.
 
 C’est beaucoup et peu à la fois, puisque pendant 60 ans, c’est moins de 6.000 individus qui ont eu un ou plusieurs mandats nationaux présidant ainsi à la destinée des quelques 91.000.000 de Français (environ 45 millions d’habitants en France en 1958 et 46 millions de petits Français nés entre 1960 et 2017).
 
 Autrement dit, si on exclut les 14.225.000 Français de moins de 18 ans en 2017, c’est tout de même près de 77.000.000 de citoyens (potentiels) qui ont laissé se détériorer la situation du pays. Ce sont les mêmes qui se plaignent depuis des années de ne pas voir la classe politique se renouveler ou l’accuser de tous les maux (et pourtant n’hésitent pas à réélire des élus condamnés).
 
 Dans le tableau créé par Laurent SAILLY pour Méchant Réac ! ® vous trouverez par ordre alphabétique, la liste des 5668 personnes ayant occupé soit un poste de parlementaire (Sénat, Assemblé Nationale, Parlement Européen) soit un poste au gouvernement, soit la fonction suprême de Président de la République. Tous ont été minutieusement recensés, qu’ils n’aient été ministre pendant 3 jours ou cumulé (et accumulé) les mandats.
 
 Ce tableau est à jour au 1er janvier 2018. Il sera régulièrement mis à jour et enrichi de nouvelles rubriques. En l’état, la première colonne comporte le nom et le prénom de la personnalité politique.
 

Les deuxième, troisième et quatrième colonnes donnent accès, via un lien hypertexte, aux fiches individuelles des députés français au Parlement européen, des députés à l’Assemblée nationale et des sénateurs. Les colonnes cinq, six et sept permettent d’accéder aux fiches des membres du Conseil constitutionnel, des Présidents de la République et des Premiers ministres. La huitième colonne précise individuellement les postes ministériels occupés. Les deux dernières colonnes nous renseignent sur les autres mandats occupés pour l’avant dernière et sur les éventuelles traces de népotisme (ou autres observations) pour la dernière. Ces deux colonnes sont en cours d’alimentation.     TABLEAU en cliquant sur le lien : La nouvelle aristocratie française (àjour au 2/01/2018)  

Reproduction autorisée sous réserve de rappeler le © sous la forme suivante "© MECHANT REAC ! ® - www.mechantreac.fr"

03/01/2018

« Demain, quand la troisième guerre mondiale a commencé… »

La sécurité constitue désormais, avec le chômage, la première préoccupation des Français : 46 % d’entre eux placent la lutte contre le terrorisme en tête des priorités nationales. Cette prise de conscience de nos concitoyens est légitime et cohérente. Elle est à la mesure des risques qui pèsent aujourd’hui sur les démocraties, et en particulier sur la France, et de l’accroissement des menaces.

  L’Europe et la France ont été rattrapées par la guerre à travers des vagues successives d’attentats, plaçant ses citoyens en première ligne et touchant tous les aspects de la vie de la collectivité. Toutes deux se sont révélées très insuffisamment préparées alors que les signaux d’alertes se multipliaient.   Depuis les années 2000, les crises se sont multipliées, amplifiées et rapprochées. La crise des migrants a brutalement fait prendre conscience à l’Europe de son impréparation et du vide stratégique qu’elle a laissé se constituer. Elle ne dispose ni de la capacité de maîtriser son territoire et sa population, ni d’un dispositif de contrôle efficace de ses frontières extérieures. En outre, l'Europe ne dispose plus d’une garantie de sécurité effective depuis le retrait relatif des Etats-Unis du continent.   Parce que nous avons changé de monde, la sécurité nationale doit être refondée. Elle doit prendre racine dans une nouvelle stratégie globale et opérationnelle et prendre appui sur une nation soudée. La sécurité est la condition de la liberté, de la paix civile et du développement. Elle est le premier des services dus par un Etat à ses citoyens mais elle est aussi leur bien commun. Elle est l’affaire de tous.   Les menaces liées aux nouvelles puissances   Le monde du XXIème siècle devient extrêmement dangereux pour les démocraties confrontées simultanément au terrorisme islamique et à la pression des démocratures chinoise, russe et turque.   Le développement économique de grands pays émergents, leur volonté de remettre en cause le système international, la course à la maîtrise du nucléaire ou encore l’investissement dans le réarmement, ont dessiné une nouvelle donne géopolitique marquée par l’intention de certains Etats d’utiliser la force.     La guerre est de retour et sort des cadres qui lui avaient été assignés durant la guerre froide. Les dépenses militaires représentent environ 1 700 milliards de dollars, soit 2,3 % du PIB mondial, et augmentent de 5 à 10 % par an.   Le terrorisme, la première des menaces   Si les attaques terroristes n’ont pas cessé depuis 2001, elles ont pris une nouvelle dimension à partir de 2015 avec l’avènement de l’État islamique, au croisement du chaos créé par l’intervention américaine en Irak, de l’onde de choc des printemps arabes, du conflit ouvert entre Sunnites et Chiites au sein de l’islam.   La France, en raison de son histoire, de ses valeurs et de ses engagements au Sahel comme au Levant, constitue une cible privilégiée pour l’État islamique.   L’idéologie djihadiste s’enracine ainsi au cœur des sociétés développées, s’adapte aux contextes locaux et cherche à enclencher une logique de guerre civile au sein des démocraties.   L’ennemi n’est pas seulement à l’intérieur, il est intérieur. Un terrorisme de proximité qui ne cible plus une personne ou une population, mais des valeurs, un mode de vie, une nation.   Le cyberespace : nouvel espace de rivalité et de conflictualité   Il échappe aux logiques territoriales et géographiques et s’affirme comme un espace stratégique à part entière, au croisement du militaire, de l’économique et du sociétal.   La cybersécurité est devenue un enjeu de souveraineté décisif et la cyberdéfense, une nouvelle donne stratégique.   La guerre sur plusieurs fronts   L’opération Serval au Mali, déclenchée en janvier 2013, a été décidée dans l’urgence malgré des renseignements précis connus de longue date. En novembre 2013, alors que les violences se déroulaient depuis un an en Centrafrique, la France lançait trop tardivement l’opération Sangaris avec des moyens militaires insuffisants. L’opération Chammal au Moyen-Orient se poursuit essentiellement sous la forme d’appui aérien et de tirs d’artillerie sous le commandement des Etats-Unis. Enfin, sur le plan intérieur, l’opération Sentinelle, qui mobilise en permanence plus de 7 000 hommes, a déstabilisé nos armées.   Toutes ces opérations portent toutes la marque d’un manque de clarté dans le but politique visé, car l’engagement des forces ne peut et ne doit en aucun cas constituer une finalité, mais seulement un moyen, contribuant à créer les conditions nécessaires à l’atteinte du but politique recherché.   De plus, elles révèlent chaque jour davantage les lacunes et les insuffisances de nos forces en effectifs et matériels, qui sont pourtant exposées régulièrement par les chefs d’état-major aux autorités politiques et devant les membres des commissions de la Défense de l’Assemblée nationale et du Sénat.   Des capacités militaires qui s’épuisent   L’armée est en situation d’appauvrissement accéléré et, à ce rythme, il ne sera plus possible de maintenir le niveau actuel de nos engagements, ni de reconstituer un ensemble de forces cohérent tant il est long et coûteux de restaurer des capacités militaires perdues, qui combinent souvent haute technologie, savoir-faire individuels, entraînement et expérience opérationnelle. Un important déficit en résulte dans des capacités clés telles que l’aéromobilité, le ravitaillement en vol, les drones ou la cyberdéfense.   Les militaires, en nombre insuffisant, sont soumis à un rythme d’activité opérationnelle excessif qui conduit à sacrifier leur entraînement. Le décalage entre le sur-engagement des armées et les moyens humains, matériels et financiers dont elles disposent n’a cessé de se creuser. La France déploie aujourd’hui 30 000 hommes en opérations, y compris sur le territoire national.   De même, l’usure des matériels est réelle, la France consomme son capital militaire qui, au rythme actuel, est menacé d'extinction à l'horizon 2020. L’outil militaire français se trouve aujourd’hui à la limite de la rupture. La France n’a plus aujourd’hui les moyens de régénérer son potentiel militaire et de maintenir le niveau de puissance militaire dont elle disposait il y a encore cinq ans.   Trois exemples illustrent la situation : aucun des avions ravitailleurs, qui ont pourtant plus de 50 ans, n’a été remplacé, plus de 50% des hélicoptères sont indisponibles, 15% des militaires ne reçoivent toujours pas le montant exact de leurs rémunérations 6 ans après la mise en place de « Louvois »… scandaleux !   L’absence de programmation des forces et des équipements de sécurité intérieure ne paraît plus soutenable.   La dissuasion nucléaire   C’est bien dans l’action politique quotidienne que se forge la dissuasion.   Si elle est sans effet dans certaines situations de crise notamment contre des adversaires tels que l’Etat islamique ou al-Qaïda, l’arme nucléaire peut dissuader autant une puissance nucléaire qu’un pays disposant de forces conventionnelles importantes. Elle représente un volet important de « l’assurance vie » de la France et est un instrument majeur de son indépendance stratégique, qui doit être modernisée régulièrement compte tenu des développements technologiques qui pourraient la rendre inefficace. A cet égard, les prochaines années vont être cruciales et nécessiter des investissements en recherche et développement qui s’élèveront annuellement à plusieurs milliards d’euros supplémentaires.   La dissuasion nucléaire complète la dissuasion classique reposant sur des forces conventionnelles robustes.   Les responsabilités politiques   Le budget français consacré à la défense a été considérablement réduit depuis 50 ans : de 5,44% du PIB en 1961, il a été réduit à 1,44% en 2015. Chaque Américain dépense 2,5 fois plus que chaque Français pour sa défense et le budget militaire américain est 20 fois celui de la France, c'est-à-dire que le budget de nos armées représente 5% de celui des Etats-Unis.   Tous les gouvernements, depuis près de 40 ans, n’ont eu de cesse de prélever tous les ans, et malgré les lois de programmation votées, une part des ressources destinées à la Défense. Le budget de ce ministère a ainsi constitué une variable d’ajustement utilisée en vue de réduire le déficit systématique de celui de l’Etat sans d’ailleurs y parvenir. Le budget consacré aux armées (hors pensions de retraite) est passé de près de 3% du produit intérieur brut (PIB) en 1980 à moins de 1,5% aujourd’hui. En outre, la professionnalisation effectuée dans un cadre financier toujours plus contraint a conduit, à partir de 1996, à une réduction considérable des effectifs. La défense a représenté 40 % des économies réalisées sur les dépenses de l’État au cours des dix dernières années.   Dès le 11 mars 2012, le candidat François Hollande annonçait clairement une réduction de l’effort de Défense. Effectivement, le Livre blanc sur la Défense et la sécurité nationale paru un an après fixait aux armées des contrats opérationnels divisés de moitié par rapport à ceux du Livre blanc précédent. La loi de programmation militaire (LPM) 2014-2019 qui traduisait ces choix, conduisait à ramener la part du PIB consacrée à la Défense (hors pensions) de 1,6% du PIB en 2012 à 1,4% en 2019. Les déflations importantes d’effectifs de 10 175 postes prévues par la LPM précédente (2009-2014) étaient donc maintenues, et la nouvelle LPM organisait une déflation supplémentaire de 23 500 postes.   Ce sont les attentats de 2015, avec le déclenchement de l’opération Sentinelle, qui ont contraint le président de la République à finalement revoir les déflations prévues dans la LPM jusqu’en 2019. Dès lors, les effectifs et la part du PIB consacrée à la Défense seront globalement stabilisés au niveau de 2015, mais le système de défense français reste notoirement sous-financé par rapport à ses missions, ce qui compromet à court terme la pérennité du modèle complet d’armée.   Repenser la stratégie : « la méthode globale »   Il faut rompre radicalement avec cette situation de déclin et repenser la sécurité de notre pays dans une perspective globale. Tout le monde s’accorde pour remonter à 2% du PIB à court terme (rappelons que le seuil de 2% était celui retenu en1996 lors de la professionnalisation des armées...). Un effort de Défense s’élevant à 2% du PIB (hors pensions de retraite) en 2022, c’est ce que demandait avec raison le chef d’état-major des Armées, le Général De Villiers, qui était le mieux-à-même de maîtriser l’équation missions = moyens que les technocrates qui ont conduit nos armées dans l’impasse actuelle.   Au-delà de l’affichage d’un pourcentage du produit national, il est essentiel de chercher à clarifier les besoins et les engagements concernés.   La France est aujourd’hui à une heure de vérité : elle doit se désengager ou réarmer. Le désengagement serait paradoxal. Il aboutirait à compromettre la sécurité de la France et des Français dans une période de remontée des risques stratégiques.   La mise en œuvre des stratégies cohérentes et le développement de logiques dites "d’approche globale" permettant d'agir de manière coordonnée sur différents leviers. Des moyens importants sont alloués à la lutte contre le terrorisme mais leur articulation demeure insuffisante.   Il est temps de créer, de manière pragmatique, une Europe de la sécurité autour d’objectifs concrets : la protection des populations, le renforcement du renseignement, la sécurisation des infrastructures essentielles, le contrôle et la surveillance des frontières. La France en serait le commandant en chef et coordonnerait la stratégie.   Le réarmement de la France apparaît indispensable et doit se traduire par un effort budgétaire pour la sécurité nationale. Cet effort doit être subventionné par l’Union européenne et la part consacrée par la France au budget militaire sorti des critères de Maastricht.   L’esprit de défense doit aussi être réinventé afin que chaque citoyen et que la société civile, à commencer par les entreprises, se réapproprient et réinvestissent la sécurité. Cette mobilisation est essentielle pour conforter la résilience de la société française et européenne aux chocs et aux surprises stratégiques.   Laurent SAILLY   Sources principales : Général Desportes, « La dernière bataille de France », Gallimard, 2015, 208 p. Général Desportes, Invité du 7/9, France Inter, 29 octobre 2015 Général Desportes, Interview Les Echos 26/10, Les Echos, 26 octobre 2015 Général Desportes, Entretien dans le journal Le Monde du 27 avril 2008 Général Desportes, Plusieurs articles dans Doctrine Général Pierre de Villiers, Servir, Fayard, 2017, 352 p. Général Pierre de Villiers, « Gagner la guerre ne suffit pas à gagner la paix », lemonde.fr, 20 janvier 2016 « Le chef d’État-Major des armées réclame plus de moyens », sur franceinter.fr, 21 décembre 2016. « Le prix de la paix, c’est l’effort de guerre », sur lesechos.fr, 20 décembre 2016. Michel Cabirol, « Budget défense : ce que veut le général Pierre de Villiers », sur latribune.fr, 23 mars 2017 « Élection présidentielle : Le budget de la défense », sur lemonde.fr Général Bertrand Soubelet, « Sans autorité, quelle liberté ? », Les éditions de l'observatoire, 5 avril 2017, 280 p. Général Bertrand Soubelet, « Tout ce qu'il ne faut pas », Plon, 24 mars 2016, 256 p On déclare la guerre au terrorisme sans la faire par le Général Desportes (Méchant Réac !) Il est grand temps pour le président de la République d’entendre le malaise de nos armées (Méchant Réac !) Communiqué du Général d'armée (2s) Dary (Méchant Réac !) Lettre ouverte du Général d'armée (2s) Henri Pinard Legry (Méchant Réac !) Lettre aux français qui croient encore être défendus par le Général Desportes (Méchant Réac !) Un désastre militaire par le Général Desportes (Méchant Réac !) Lettre ASAF d’octobre 2017 Lettre ASAF de juillet 2017 Lettre ASAF « Réalités et perspectives » « Il y a désormais un problème de confiance » par le Général Soubelet (Le Parisien) « Sommes-nous à la veille d’une troisième guerre mondiale » par Laurent Sailly (Méchant Réac !) Rapport Sécurité nationale (Institut Montaigne) « Il faut bâtir une Europe de la sécurité » par Nicolas Baverez (Le Figaro) Le grand flou des promesses sur le budget de l’armée (Les Echos) « Sécurité nationale : quels moyens pour quelles priorités » par Nicolas Baverez (Institut Montaigne) La sécurité extérieure de la France (Institut Montaigne) Les chiffres clé de la défense, édition 2016 « Bilan social 2015 » « Extraits du discours du ministre de la Défense sur la modernisation » [24 juillet 2008] « Les effectifs de l'Armée de terre » Olivier Berger, « Général Clément-Bollée, commandant à Lille des forces terrestres, face aux baisses d’effectif : « Attention à ce qu’on fait » », (La voix du Nord) « Présentation de l'armée de l'air » Romain Mielcarek, « Livre blanc : projeter le strict nécessaire » ActuDefense « Discours du Premier ministre lors de la présentation du Livre Blanc sur la défense et la sécurité nationale », 26 juin 2008, sur le site premier-ministre.gouv.fr Site du ministère de la Défense 
14/12/2017

France Télévision et le C.S.A., les hontes de la République !

Le président Macron serait l’auteur de cette déclaration… démentie par ses proches… à l’adresse de France Télévision… Pourtant, cela ressemble à du Macron. C’est en tout cas un constat que je partage avec l’auteur « anonyme » et que j’étends au C.S.A.

 

Car ils ne sont pas trop de deux pour étouffer France Télévision et la télévision française dans son ensemble.

Les directions de ses deux organes ont été mis en place par l’ancien pouvoir socialiste.  France Télévision, sous la présidence désastreuse de Delphine Ernotte s’est vue assigner le double objectif de rééduquer les téléspectateurs et d’épurer l’audiovisuel public. Le C.S.A., dirigé par Olivier Schrameck, est en charge de museler l’audiovisuel privé. Leur mission commune ? Conduire les foules incultes et inconsciences vers la vérité. Ça sent bon le communisme.

 

Le résultat est là. Jamais depuis la dissolution de l’ORTF et la disparition du ministère de l’information, la parole n’avait été contrainte. Tous les humoristes le manifestent… discrètement pour ne pas eux-mêmes être censurés. Le licenciement du présentateur du jeu « Les Amours », Tex, en est la plus récente preuve. On ne reviendra pas sur sa blague (sexiste mais surtout pas drôle), mais, à part Anne Roumanof, ce n’est pas le courage qui étouffe nos humoristes favoris (où sont les successeurs de Coluche, Le Luron, Desproges).

Dès la création de ce blog en 2015, je déplorais la nomination de Delphine Ernotte. Certes, on féminisait la fonction (il était temps) et on rajeunissait les cadres. Nommée par le C.S.A., on pouvait s’attendre à une présidence indépendante du pouvoir socialiste en place. Bien qu’elle ne connaisse rie n à l’audiovisuel.

 

Indépendante ? Delphine Ernotte est l’amie de Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’éducation nationale au moment de sa nomination, et proche de Fleur Pellerin, ministre de la culture, toutes deux nommées par le président de la République, le socialiste François Hollande. Bien sûr, depuis 2013, le président de France Télévision est désigné par le C.S.A., le gendarme indépendant de la télévision et de la radio française. Indépendance qui ne peut être remise en cause, même si le président du C.S.A. en fonction, Olivier Schrameck, a été nommé par François Hollande et est réputé proche de Lionel Jospin (ex-premier ministre socialiste). C.S.A. indépendant même si deux des membres doivent leur place à Olivier Schrameck (Nathalie Sonnac et Nicolas Curien) et qu’un troisième membre doit sa nomination à Jean-Pierre Bel (ex-président socialiste du Sénat).

Rien qui ne peut attirer la suspicion

 

Le racisme anti-blanc, anti-vieux, anti-homme de Delphine Ernotte n’est pour rien dans ses décisions d’écarter Julien Lepers (trop blanc, trop macho, top vieux), Georges Pernoud (trop « marin »), Philippe Verdier (trop climato-sceptique) et Pascal Golomer, directeur de l’information (« trop » ou « pas assez »). Que voulez-vous, « il y a beaucoup trop d’hommes blancs de plus de cinquante ans à France Télévision » déclarera-t-elle. Reste en fonction Drucker (trop influent), Sébastien (trop grande gueule), Delahousse (trop gendre idéal), Nagui (assez arabe), Ruquier (assez homosexuel), Davant (assez femme). Dans la même lignée, Delphine Ernotte s’adjoint un collaborateur, Stéphane Sitbon-Gomez (ancien directeur de Cabinet de Cécile Duflot et ex-directeur de la candidate écologiste Eva Joly, il est assez vert pour faire oublier qu’il est trop blanc). De même, son directeur de l’information, Michel Field, nommé pendant la campagne électorale pour les régionales de 2015 (ancien de la ligue communiste révolutionnaire, « assez rouge »).

Le C.S.A. assure le service à l’encontre de l’audiovisuel privé. Et il la fait bien. Les débordements de Cyril Hanouna semblent poser plus de problèmes depuis que celui-ci exerce sur une chaîne privée, propriété de Vincent Bolloré, proche de Nicolas Sarkozy et ennemi juré d’Olivier Schrameck. La direction de France Télévision profitera du dérapage de Tex sur cette même chaîne pour le virer sans ménagement. La haute autorité est moins regardant sur les blagues de mauvais goût de Laurent Ruquier (notamment lorsqu’il invite Donald Trump à faire un tour en décapotable à Dallas), sur les connotations manifestement sexistes des clips-vidéos des rappeurs, ou encore pour réprimer les « vomissements intellectuels » de Christine Angot.


France Télévision (spectateurs comme salariés) souffre de l’incompétence de leurs dirigeants. Il est temps de réformer France Télévision et de se séparer de ces haut-fonctionnaires trop couteux. La République, bonne fille, saura toujours exploiter leur incompétence… au C.S.A. par exemple.

29/12/2017

le « Petit Macron illustré » : Schumpeter et la « destruction créatrice »

« (…) on entre dans un monde très schumpetérien, il est très important de libérer le processus de « destruction créatrice ». 

 
 EMMANUEL MACRON 
 Le Point – « Le grand entretien » - N° 2347 - 31 Août 2017 

Joseph Schumpeter, né le 8 février 1883 à Triesch, en Moravie (Empire d'Autriche-Hongrie), et mort le 8 janvier 1950 à Salisbury, dans le Connecticut (États-Unis), est un économiste et professeur en science politique autrichien naturalisé américain, connu pour ses théories sur les fluctuations économiques, la destruction créatrice et l'innovation. Il estime que le capitalisme et voué à disparaître pour des raisons sociales et politiques.   La théorie de la « destruction créatrice ».  Schumpeter constate qu’après une innovation majeure, l'économie entre dans une phase de croissance (créatrice d'emplois), suivie d'une phase de dépression, où les innovations chassent les entreprises « dépassées » et provoquent une destruction d'emplois. Par exemple, lorsque sont inventés les DVD, la production de lecteurs et films sur ce type de support a entrainé une croissance sur ce secteur puis, la technologie se révélant supérieure à l’existant à détruit les entreprises restées sur le marché de la cassette VHS. De même, les supports mp3 et mp4 ont permis le développement et la croissance des plateformes musicale mais à détruit l’économie du disque. Comment l’utiliser en société ?   Plutôt que d’annoncer brutalement à votre conjoint(e) que vous la quittez pour quelqu’un d’autre dites-lui :   « Amour, notre relation est entrée dans un monde schumpetérien, il est important pour nous de libérer le processus de « destruction créatrice » de notre couple. »   Votre nouvelle relation a entrainé la croissance de votre désir pour une tierce personne avant d’engendrer la destruction de votre couple.   Vous noterez qu’en remplaçant « Amour » par « Cher collaborateur » vous pouvez faire comprendre à l’un de vos salariés que vous le licencier parce qu’il n’a pas su se mettre au niveau.   Le tout… en douceur…   
13/12/2017